Copernic | ||||
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II. Le penseur d'un nouveau concept : l'héliocentrisme III. Un bouleversement général L’héliocentrisme prend compte des principaux phénomènes astronomiques connus à l’époque de façon bien plus simple que le système de Ptolémée admis jusque-là. Mais niant tout rôle privilégié de la Terre dans l’Univers, l’œuvre de Copernic soulève de nombreuses critiques notamment au sein de l’Église. La théorie du géocentrisme était motivée par les considérations théologiques et philosophiques de l’époque. La thèse de Copernic, qui contredit celle de Ptolémée est donc rejetée. Ses idées furent longtemps discutées après sa mort. Les chercheurs et les scientifiques acceptèrent quelques éléments de la théorie mais pas la base de l’héliocentrisme. Seulement une dizaine d’entre eux furent d’avis avec lui, mais, travaillant à l’extérieur des universités (alors subventionnées), dans les cours royales ou étant proches de l’Église, ils restèrent discrets de peur de subir le même sort que Giordano Bruno, qui fut condamné pour hérésie puis brûlé vif à Rome. Les plus célèbres sont Galilée, Léonard de Vinci par une correspondance privée et codée et l’astronome Johannes Kepler. Et d’autres moins célèbres, comme Gemme Frisius (1508-1555) aux Pays-Bas, Robert Recorde (1510-1558) et Thomas Digges (1545-1595) qui est le premier à proclamer (avant Giordano Bruno) l’infinité de l’Univers en Angleterre, tandis qu’en France Pontus de Tyard (1521-1605), Jean Péna (1528-1558) et Jacques Pelletier (1517-1582) apprécient cette nouvelle thèse mais n’y adhèrent pas officiellement. En 1588, un compromis est trouvé, le système de Tycho Brahé. La Terre est immobile, les autres planètes tournent autour du Soleil et le Soleil tourne autour de la Terre. En 1616, le système de Copernic fut condamné et Galilée, fervent défenseur pro copernicien, le fut lui aussi par l’Inquisition en 1633. 100 ans après la publication du livre de Copernic, il existe toujours des réticences et des hésitations. Certains philosophes jésuites sont convaincus, et parfois devenus pro coperniciens. À la fin du XVIIe, grâce à la mise en place de la mécanique céleste d’Isaac Newton, les savants d’Europe se réconcilient, principalement ceux de Grande-Bretagne, de France, des Pays-Bas et du Danemark. Les autres pays garderont leur position anticopernicienne pendant plus d’un siècle. Dans les années 1820-1830, l’Église accepte définitivement et complètement l’idée que la Terre tourne autour du Soleil. En rompant avec la conception géométrique du monde, l’ouvrage de Copernic a marqué un tournant dans l’histoire de la pensée et du progrès scientifique. Copernic a bouleversé la communauté scientifique et a su libérer les scientifiques et les chercheurs de leurs préjugés (le système d’Aristote et de Ptolémée est longtemps resté comme référence). De plus, il amena par la suite les théologiens à s’interroger sur l’interprétation des textes sacrés. Il fallut attendre le XIXe siècle pour que les théologiens prennent une certaine distance vis-à-vis de l’interprétation trop littérale des textes sacrés, ce qui nécessita tout de même un renouvellement des études bibliques (exégèse et herméneutique). L’influence de Copernic se fit sentir jusque dans le domaine philosophique. Descartes qui avait rédigé un Traité du monde et de la lumière fut étonné de la décision de l’Inquisition lorsqu’il apprit la condamnation de Galilée en 1633. C’est la raison pour laquelle Descartes s’orienta vers la philosophie et rédigea le Discours de la méthode et de la science universelle. Ce n’est donc pas sans raison que l’on parle de Révolution Copernicienne car l’influence de Copernic se fit sentir profondément dans tous les domaines de la connaissance humaine. II. Le penseur d'un nouveau concept : l'héliocentrisme III. Un bouleversement général |
Le système de Tycho Brahe © : OPUS
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